1 chance sur 2

Uncategorized / January 9, 2009 /

Date de sortie : mercredi 25 mars 1998

Genre : Aventure

Réalisé par : Patrice LECONTE

Avec : Jean-Paul BELMONDO, Alain DELON, Vanessa PARADIS

Synopsis : Que mon histoire commence mal c’est franchement le moins qu’on puisse dire. Je m’appelle Alice, j’ai vingt ans, je n’ai jamais eu de père, ma mère est morte il y a un mois ; et aujourd’hui je sors de prison. Huit mois fermes pour quatre ou cinq voitures volées, des belles, des puissantes, de celles qui donnent l’impression d’être libre, un long frisson de vitesse qui s’est fini dans une cellule de trois mètres sur deux. Comme bagage pour démarrer dans la vie on peut imaginer plus léger.

Et à propos de bagage voilà ce que je trouve dans celui que m’a laissé ma mère : une petite cassette, avec sa voix, et toute la vérité, celle qu’elle ne m’a jamais dit en face. Je n’ai jamais connu mon père parce que j’en avais un de trop. Il y a vingt ans maman a aimé deux hommes, un des deux m’a fabriquée, sans le savoir évidemment puisqu’elle ne leur a rien dit. Elle m’a laissé le plaisir de leur faire la surprise ; lequel va décrocher le gros lot ? Réfléchissez, il y a un indice dans le titre, voilà, c’est çà : ils ont chacun une chance sur deux.

A mon âge faire connaissance avec un père c’est relativement embarrassant. Mais quand on se retrouve en face de deux pères, là je vous jure que ça vous bloque. Surtout en face de ces deux là, des hors gabarit, apparemment pas le genre papas-gâteaux, plutôt ours voyez, et avec ça digérant tout à fait mal l’idée d’avoir partagé la même femme. C’est drôle parce qu’avant que je les réunisse ils ne se connaissaient pas du tout et qu’ils se sont pour ainsi dire déplu tout de suite. Alors pour tirer au clair notre situation de famille on a tous les trois décidé de confier notre avenir à la science, d’aller faire des analyses et de laisser une infirmière trancher la question génétique. Seulement voilà, les analyses on n’a pas eu le temps d’aller les faire.

Pour être tout à fait honnête c’est vrai que si cet imbroglio familial a brusquement dérapé en un dangereux sac de noeuds, c’est de ma faute. A force de piquer des autos à tire-larigot, un jour ou l’autre il fallait bien que je tombe sur la mauvaise, auto. Eh ben voilà, c’est fait : j’en ai pris une qu’avait une grosse mallette dans le coffre. La mallette encore c’était pas trop grave ; ce qui posait problème c’est surtout ce qu’il y avait dedans : cinquante millions de dollars.

Là je pense que vous l’avez senti le dérapage. Mais quand je vous aurai dit que cette masse d’argent appartient à l’un des tranfuges les plus brutaux de la mafia russe et qu’en plus je me suis bêtement fait repiquer la mallette avant même de l’avoir aperçue, je suis sûre que vous allez commencer à vous faire sérieusement du souci pour moi. C’est que vous ne connaissez pas encore très bien mes deux pères.

Parce que mes papas, soi-disant retirés des affaires, à les voir comme ça ils feraient plutôt inoffensifs ; mais il y a des pantouflards à surprise. Vous avez déjà essayé de marcher sur la queue d’un lion ? Et de deux lions ? Franchement, même si vous êtes Russe, méchant comme un pou, armé jusqu’aux dents, que vous soyez dix, cinquante ou cent, je vous conseille de bien regarder où vous mettez les pieds.

Comme chacun sait les parents sont censés transmettre leur savoir à leurs enfants et je dois reconnaître que mes deux pères se sont montrés de patients pédagogues. A l’heure où je vous parle je suis capable de vous plastiquer au choix un immeuble, un bateau ou la moitié d’une ville, de vous remonter les yeux fermés un Magnum 357, et de vous garantir la précision d’un tir de mortier sur toute cible de votre choix. D’ailleurs vous avez peut-être entendu parler ces derniers temps de destructions soudaines de casinos et de villas sur la Côte d’Azur, d’un certain relâchement dans l’implantation de la mafia russe dans le midi de la France. C’est ce qu’y a de pénible avec la barrière des langues ; pour se faire comprendre on est parfois obligé d’employer les grands moyens.

Mais moi je vais vous dire, ce qui me tracasse c’est qu’un jour ou l’autre, fatalement, on finira par trouver le temps d’aller les faire ces maudites analyses. Une chance sur deux, vous vous souvenez ? Allez savoir pourquoi, je sens que je vais encore faire des bêtises ; peut-être que comme ça on restera une famille unie.

Durée : 1 h 48 min 51 sec

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